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« Grâce à
William Jones, le vide de l’année
1971 est comblé par 3 photos et quelques anecdotes savoureuses
»
Dès le départ de la gare du Midi,
on a pu constater que d'aucuns avaient déjà fêté
ça, et étaient dans un état avancé;
par charité ne citons pas de noms (d'ailleurs je ne m'en
souviens plus !). Toujours est-il qu'ils "s'amusaient"
à retirer les portes des compartiments des voitures-couchettes
(facile quand on connaît le truc), et mes quelques connaissances
ferroviaires ont suffi pour les remettre en place. N'empêche
que durant la nuit en train il y a eu une variante : ouvrir toutes
les fenêtres du couloir quand nous traversions les tunnels
alpins, puis les portes des compartiments, histoire de réveiller
les copains !
On arrive à Florence,
où nous allions commencer les visites. Un mot qu'on n'avait
pas appris dans les cours d'italien : sciopero, grève.
Donc, le Musée des Offices, ce sera une visite virtuelle
via le catalogue du musée uniquement ! Puis il y a eu ce
dancing qui venait d'ouvrir et pour lequel nous avions reçu
des entrées gratuites à l'hôtel : façon
comme une autre de faire connaissance avec la population locale
... Petit gag qui m'a bien fait jubiler à l'époque,
j'y ai rencontré ma cousine d'Ostende, également
en voyage scolaire, et qui m'a quasi supplié de ne pas
raconter à ses parents qu'elle était à ce
dancing, et surtout pas ce qu'elle y avait fait !
Et puis, il y avait Francis Rose, rentré un soir les doigts
assez amochés : il avait fait la manche toute l'après-midi
avec sa guitare sur un des ponts de l'Arno, et était rentré
avec plein de monnaie.
Pise. Un
des participants avait tout son matériel photo avec lui,
entre autres un téléobjectif permettant ... d'espionner
à l'aise les couples tendrement enlacés près
de la Tour ! Ceci est à raconter lors d'une prochaine réunion
du Comité des Anciens, "il" devrait se reconnaître
...
Rome. On
logeait dans un ancien séminaire reconverti en hôtel
pour groupes de jeunes. Pour les repas c'était facile :
1000 lires (80 francs de l'époque) vous ouvraient les portes
du restaurant, et on pouvait consommer ad libitum (pour rester
dans le dialecte local) : quelques-uns ont pris des kilos, vu
les assiettes de pâtes enfilées. Et puis, le soir
du Samedi Saint on avait décidé d'aller aux Jardins
de Tivoli : traversée de Rome by night en car, d'un côté
à l'autre (on logeait au sud-ouest, les jardins sont au
nord-est). Arrivés sur place, on a constaté que
l'épidémie florentine s'était étendue
jusqu'à Rome : sciopero. Retour en car à travers
Rome by night, mais plus tard. Soirée passionnante ...
Vatican,
visite de la Chapelle Sixtine. "Fotografiare e vietato"
paraît-il ... pas pour Jean-Marie Daivière ! On fait
un cercle autour de lui, il se couche par terre pour photographier
les plafonds à son aise. Sacré Jean-Marie, va !
On descend vers le sud, Naples.
L'arrivée à l'hôtel avait été
montée comme une opération militaire : barrage d'élèves
sur le trottoir à hauteur du car, épaule contre
épaule, pendant que d'autres "volontaires désignés"
(préparation au service militaire ?) vidaient les soutes
à bagages. Ainsi, pas de vols, bien que certains badauds
regardaient les bagages avec envie ... Et la même chose
le lendemain, pour l'embarquement.
Visite du Vésuve
: on monte en car jusqu'en-haut, et sur place la direction assistée
du car décide de se mettre en grève (je l'ai dit,
c'est une épidémie). Donc, le chauffeur parvient
péniblement à redescendre jusqu'à un village
où on pourra réparer, mais que faire durant la réparation
? Une pizzeria traîne sur place : le patron a fait la recette
de sa vie, 50 touristes en une fois, et qui s'enfilent des pizzas
à 150 lires pièce (6 francs, même pas le prix
d'une gaufre à Bruxelles à cette époque).
Sorrente
: l'abbé Caupain parvient à oublier son enregistreur
à cassettes à l'hôtel. Il paraît qu'il
était distrait, ce brave homme ... Eh bien non, tous les
Italiens ne sont pas malhonnêtes : six mois plus tard il
a reçu un colis avec son enregistreur !
Venise :
très beau, mais ça pue, même au printemps
!
Le voyage se termine, nous
prenons le train pour Milan, où nous avons
une correspondance directe pour Bruxelles. Comme notre groupe
faisait juste le nombre pour occuper entièrement une voiture,
je sors ma clé de chemin de fer (vous le savez bien, je
suis un mordu depuis la plus tendre enfance) et je verrouille
les portes extérieures, histoire de ne pas se faire envahir
par d'autres voyageurs. Tout va bien jusqu'au moment où
passe le contrôleur : bien entendu il déverrouille
les portes d'intercommunication, et du coup le couloir est bourré,
d'aucuns essaient même d'envahir nos compartiments. Heureusement
le voyage n'est pas trop long ... Je l'avais bien dit, ce sont
des images qui vous restent pour la vie! On se revoit au prochain
souper des anciens ?
A+ William.



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