Le Collège Sainte Gertrude de Nivelles

 

 

Remplacer le nucléaire? Quand? Comment?


Xavier Votron
Directeur des énergies renouvelables chez GDF-Suez

 

Résumé conférence

Le contexte général.

Les perspectives à long terme du réchauffement climatique dépendent de ce qu’on mettra en place. Les prévisions peuvent être pessimistes ou non.
Si nous continuons notre schéma de consommation comme par le passé, le réchauffement pourrait être agréable en Belgique qui jouirait de températures de côte d’Azur mais de nombreuses populations subiraient les sécheresses et inondations. Et cela provoquerait des migrations climatiques, de nouveaux réfugiés…

Le groupe GDF-Suez

Le groupe représente 10 000 emplois directs, 30 000 en sous-traitance, et, fait non négligeable en ces temps de crise, engage de 1000 à 2000 personnes par an.
Dans le classement des groupes énergétiques mondiaux selon le nombre de kg de CO2 émis par MWh, Electrabel réalise un chiffre de 300. C’est 3 x mieux que les Grecs et mieux que Essent (500). Seuls les Français font un meilleur score grâce à leurs ressources hydrauliques et nucléaires.

Objectifs écologiques européens : les 3x20.

D’ici à 2020, -20% d’émissions de gaz à effet de serre, – 20% d’énergies renouvelables, - 20% d’économies d’énergie au niveau des consommations finales globales. Mais toutes les régions d’Europe ne doivent pas fournir le même effort car on a tenu compte des ressources locales hydrauliques, éoliennes …
La Belgique poursuit un objectif de 13%. Pour réaliser cela, il faut jouer sur tous les tableaux au maximum : économies d’énergie, parcs éoliens en mer, utilisation de la biomasse. Mais de plus on devrait implanter 3 éoliennes par semaine à l’intérieur des terres d’ici à 2020. Si on ferme les centrales nucléaires comme prévu, c’est 3500 éoliennes supplémentaires à placer, ce qui se révèle radicalement impossible.

Décision concernant le nucléaire.

Une décision doit être prise sans report cette fois, après les élections. Une centrale nucléaire ne s’arrête pas en 1 jour et on ne peut pas décider à la dernière minute de la maintenir car le combustible et les procédures d’arrêt doivent être prévues plusieurs années à l’avance. Par ailleurs, la Belgique importe déjà 10% de sa consommation. Si on arrête le nucléaire belge, ce sera davantage.
Le groupe GDF-Suez dans le monde utilise plus d’hydraulique que de nucléaire. Les études portent aussi sur la biomasse utilisant des déchets issus de l’agriculture mais les terres cultivables ne sont pas extensibles et elles ne peuvent servir à la fois aux 5F : Food, Feed, Forest, Fiber, Fuel. Quant au photovoltaïque, il risque de connaître un très beau développement mais actuellement, les commandes ne sont pas finalisées à cause de la crise. Les recherches continuent dans tous les domaines.
Les fournisseurs d’électricité sont contents s’il y a du soleil pour les panneaux, ou bien du vent pour les éoliennes ou de la pluie pour les barrages ou un peu de tout pour les plantes mais le problème est la régulation : il est impossible de prévoir les puissances fournies par les éoliennes qui peuvent diminuer ou même être brusquement arrêtées si le vent devient trop fort. Cela crée des flux d’énergie qui doivent s’inverser parfois brutalement et c’est dangereux pour la stabilité du réseau qui risque un black out total.

 

L’avenir : accompagner les changements climatiques sans les subir.

Les attitudes sont à changer : il nous faudra économiser l’énergie, l’eau, encourager la biodiversité. Mais l’urbanisation à outrance des populations ne simplifie pas les problèmes..
Des projets magnifiques sont possibles : une ville 100% écologique aux émirats, un éco-quartier à Bruxelles. Et même, certaines réalisations spectaculaires existent : une usine sans CO2, Volvo Trucks, en Belgique et surtout la fameuse station Princesse Elisabeth dont l’équipement énergétique éolien et solaire a été dimensionné et réalisé par le groupe.
Il faut donc faire confiance à l’intelligence humaine…


Questions :

Géothermie possible mais pas partout, il y a des dangers de stabilité du sol sous la pression.
Inde et Chine : le groupe n’y est pas présent. La Chine fait de belles réalisations, des barrages, … mais sans respect des populations et de la nature. L’Inde est très morcelées : prises de décisions différentes presque ville par ville.
Déchets du nucléaire : pas de CO2 sauf lors de la construction mais un autre grand mal : les déchets. Qu’en faire ? Il faut les surveiller et continuer à espérer qu’on puisse « déradioactiver » les éléments les plus dangereux : en les bombardant de protons… pour les transformer en éléments stables.
Cogénération – microbarrage : beaucoup de directions sont prises par la recherche mais sauf augmentation du coût de l’énergie, ces solutions ne seront pas utilisées à grande échelle car pas rentables.